Se retirer au couvent, ne signifie pas renoncer à la vie extérieur et au confort. Les abbayes mettent à disposition de véritables appartements à ses hôtes.
De le marquise de Verdelin (1728/1810) à son ami Jean Jacques Rousseau
Vous me dîtes, mon voisin, que vous avez tout ce qui vous fait besoin. C'est que vous restreignez vos besoins à ce que vous avez. Vous êtes aussi dur pour vous-même que vous êtes compatissant pour autrui... Si vous lisiez dans mon coeur, vous trouveriez, je l'ose dire, une différence très grande dans le sentiment qui le conduit d'avec celui de bien des gens qui se sont occupés de vous. Je mérite, mon voisin, surtout la préférence lorsqu'il sera question de vous servir; personne n'en sera si touchée que moi, personne n'est si à portée que moi. Je suis riche ! J'ai vingt mille francs de rente, et je m'arrange à en manger dix à douze mille au plus en ne refusant rien à l'éducation de mes filles, éducation à la vérité de filles de province, mais c'est là où je les destine. Je viens de prendre pour elles et pour moi un appartement à l'abbaye de Penthemont. Nous sommes logées toutes quatre en-dedans, et j'ai en-dehors une chambre pour coucher, lorsque mes affaires me feront rentrer tard ou lorsque mes files ou moi serons malades. J'y ai aussi ma cuisine, parce que je suis attachée à garder Leroy que vous avez vu et qui est mon cuisinier. Une chambre pour lui, une pour ma femme de chambre, une pour mon laquais. J'ai avec ces deux-là deux femmes en-dedans, quatre domestiques. Voilà plus qu'il n'en faut.
octobre 1764
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