La femelle du cygne couve pendant six semaines au moins; elle commence à pondre au mois de février : elle met, comme l'oie, un jour d'intervalle entre la ponte de chaque oeuf; elle en produit de cinq à huit, & communément six ou sept; ces oeufs sont blancs & oblongs, ils ont la coque épaisse & sont d'une grosseur très considérable; le nid est placé, tantôt sur un lit d'herbes sèches au rivage, tantôt sur un tas de roseaux abattus, entassés & même flottants sur l'eau.
Le couple amoureux se prodigue les plus douces caresses, & semble chercher dans le plaisir les nuances de la volupté; ils y préludent en entrelassant leurs cous; ils se communiquent le feu qui les embrase, & lorsqu'enfin le mâle s'est pleinement satisfait, la femelle brûle encore, elle le fuit, l'excite, l'enflamme de nouveau, & finit par le quitter à regret pour aller éteindre le reste de ses feux en se lavant dans l'eau.
Les fruits d'amours si vives sont tendrement chéris & soignés; la mère recueille nuit & jour ses petits sous ses ailes, & &le père se présente avec intrépidité pour les défendre contre tout assaillant; son courage dans ces moments n'est comparable qu'à la fureur avec laquelle il combat un rival qui vient le troubler dans la possession de sa bien-aimée; danx ces deux circonstances, oubliant sa douceur, il devient féroce & se bat avec acharnement...
Georges-Louis Leclerc BUFFON (1707/1788)
Histoire naturelle des oiseaux - tome 9
Comment le captal se partit d'Evreux à belle compagnie de gens d'armes pour combattre messire Bertran et les François, et en intention de destourber le couronnement du roi Charles.
quand messire Jean de Grailly, dit et nommé captal de Buch, eut fait son amas et son assemblée en la cité d'Evreux d'archers et de brigands, il ordonna ses besognes et laissa en la dite ville et cité capitaine un chevalier qui s'appeloit Liger d'Orgesi, et envoya à Conches messire Guy de Gauville pour faire frontière sur le pays; puis se partit d'Evreux à tous ses gens d'armes et ses archers; car il entendit que les François chevauchoient, mais il ne savoit quel part. Si se mit aux champs, en grand désir d'eux trouver. Si nombra ses gens et ses trouva sept cents lances, trois cents archers et bien cinq cents autres hommes aidables.
Là étoient de-lez lui plusieurs bons chevaliers et écuyers, et par espécial un banneret du royaume de Navarre qui s'appeloit le sire de Saux. Et le plus grand après et le plus appert et qui tenoit la plus grand'route de gens d'armes et d'archers, c'étoit un chevalier d'Angleterre qui s'appeloit Jean Juiel. Si y étoient Pierre de Saquenville, messire Bertran dU Franc, le bascle de Mareuil, messire Guillaume de Gauville, et plusieurs autres, tous en grand'volonté de rencontrer monseigneur Bertran et ses gens et d'ux combattre. Si tiroient à venir devers Pacy et le Pont-de-l'Arche; car bien pensoient que les François passeroient la rivière de Saine; voire si ils ne l'avoient jà passée. Or avint que, droitement le mercredi de la Pentecôte, si comme le captal et sa route chevauchoient au dehord d'un bois, ils encontrèrent d'aventure un héraut qui s'appeloit le roi Faucon, et étoit cil au matin parti de l'ost des François. St très tôt que le captal le vit, bien le reconnut, car il étoit héraut au roi d'Angleterre, et lui demanda dont il venoit, et si il avoit nulles nouvelles des François. "En nom Dieu, monseigneur, dit-il oil; je me partis hui matin d'eux et de leur route; et vous quèrent aussi et ont grand désir de vous trouver. Et quel part sont-ils, dit le captal, sont-ils deça le Pont-de-l'Arche ou delà ? En nom Dieu, dit Faucon, sire, ils ont passé le Pont-de-l'Arche et Vernon, et sont maintenant, je pense, assez près de Pacy. Et quels gens sont-ils, dit le captal, et quels capitaines ont-ils ? Dis-le moi, je t'en prie, doux Faucon. En nom Dieu, sire, ils sont bien mille et cinq cents combattants, et toutes bonnes gens d'armes. Si y sont messire Bertran du Guesclin qui a la plus grand'route de Bretons, le comte de Aucerre, le vicomte de Beaumont, messire Louis de Châlons, le sire de Beaujeu, monsiegneur le maître des arbalétriers, messire l'archiprêtre, messire Oudart de Renty; et si y sont de Gascogne, votre pays, les gens le seigneur de Labreth, messire Petiton de Curton et messire Perducas de Labreth; et si y est messire Aymon de Pommiers et messire le soudich de l'Estrade."
Quand le captal ouït nommer les Gascons, si fut durement émerveillé et rougit tout de félonnie, et répliqua sa parole en disant : "Faucon, Faucon, est-ce à bonne vérité que tu dis que ces chevaliers de Gascogne que tu nommes sont là, et les gens le seigneur de Labreth ? Sire, dit le héraut, par ma foi, oïl. Et où est le sire de Labreth, dit le captal ? En nom Dieu, sire, répondit Faucon, il est à Paris de-lez le régent le duc de Normandie, qui s'appareille fort pour aller à Reims; car on dit partout communément que dimanche qui vient il se fera sacrer et couronner." Adonc mit le captal sa main à sa tête, et dit ainsi que par mautalent : "Par le cap Saint-Antoine ! Gascons contre Gascons s'éprouveront."
Adonc parla le roi Faucon pour Pierre, un héraut que l'archiprêtre envoyoit là; et dit au captal : "Monseigneur, assez près de ci m'attend un héraut que l'archiprêtre envoie devers vous, lequel archiprêtre parleroit volontiers à vous." Dont répondit le captal et dit à Faucon : "Faucon, dites à ce héraut françois qu'il n'a que faire plus avant, et qu'il dise à l'archiprêtre que je ne veuil nul parlemnt à lui." Adonc s'avança messire Jean Jeviel, et dit : "Sire, pourquoi ? Espoir est-ce pour notre profit ?" Dont dit le captal : "Jean, Jean, non est; mais est l'archiprêtre si baretierre que, s'il venoit jusques à nous, en nous contant jangles et bourdes, il aviseroit et imagineroit notre force et nos gens : si nous pourroit tourner à grand dommage et à grand contraire : si n'ai cure de ses grands parlemens." Adonc retourna le roi Faucon devers Pierre son compagnon qui l'attendoit au coron d'une haye et excursa monseigneur le captal bien et sagement, tant que le héraut françois en fut tout content; et rapporta arrière à l'archiprêtre tout ce que Faucon lui aviot dit
Jehan Froissart ( vers 1337/ vers 1404)
Chroniques Livre premier chapitre 165
Aristide Briand découvre le hameau de Cocherel lors d'une partie de chasse en 1908. Il séjourne d'abord à l'auberge Querolle, puis achète une première maison normande, puis une ferme, puis plusieurs propriétés.
source d'un site sur le Net
Aristide Briand, rapporteur de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat en 1905, est déguisé en Suisse. En tête du cortège, Georges Clemenceau, et , à droite, Emile Combes, figure majeure de la politique anticléricale du Bloc des gauches. Pie X, en pleurs, merme la marche.
Caricature à l'occasion du carnaval de 1907
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