Miserere

Où vais-je ?

Au fin fond d'un trou normand avec une fleur sur la terre fraîchement retournée.

D'où viens-je ?

De l'arbre, maintenant je sais de l'arbre aux aïeux...

MISERERE

Je surfais par hasard sur la vaste toile du grand Internet

quand il m'empoigna d'une brancche de fer

- Je n'aime pas et tes manières et ton haleine

de champignons douteux et de vieux lichen

Je mets les voiles, que je lui dis, je me barre.


-Je suis une essence rare, que dis-je ?

Je suis l'unique,

je suis ton arbre, ton arbre aux aïeux, qu'il me rétorque en étirant haut vers le ciel ses membres de vieux schnock.

Regarde danser tes ancêtres au paradis.


- Je regrette, mais là je dois te le dire, tu te plantes. J'en ai connu quelques rares spécimen et crois-moi ils font partie de la race qui ont plutôt leur place à bouillir dans la grande marmite au Lucifer.

- Bon, je te le concède, qu'il me chuchote, il y en a bien quelques-uns qui rôtissent au foyer du Diable

Je les sens qu'ils me chatouillent le bout des racines quand ils chantent sur les braises

Assez médit ! Pose ton derrière sur cette souche et lève les yeux vers ma charmille.

Et bras dessous, branche dessus, les yeux dans les noeuds, je fis un brin de causette avec la famille. Mon arbre commença le grand déballage des naissances et des mariages, des bouts de bonheur et des grosses peines et des petites hontes ensevelies entre deux images pieuses de premiers communiants.

- Je mets les bouts, que je lui dis, j'ai des trucs à finir avant de moisir pour l'éternité dans ton grand livre.

- On ne va pas se quitter comme ça, tête de bûche !

De ses bras de bois, il cueillit un fruit :  : - attrape et fais-en que tu veux.

C'était une pomme, une petite pomme acide et toute verte avec un gros ver dedans. J'attrapai la bête avec les dents et comme un fin gourmet l'accommodai à ma sauce et poussai du pied la petite pomme qui alla choir un peu plus loin juste assez pour trouver l'humus de quoi faire souche.


Et vive la vie et vive l'avenir.


A  Dieu les aïeux, je vous aimais bien quand même !

Je surfais par hasard sur l'éternité du grand Yahvé, quand il m'agrippa d'un os ferme.

-Ton heure a sonné !

- Je n'aime pas et tes manières et ton haleine de feuilles d'automne et de bois mort.

- Faut qu'on cause qu'il me dit. Pour toi ça ne sera pas le paradis, tu as le vertige. Descend...


J'ai un petit vin qui coule comme le petit Jésus en culotte de velours

 

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Dernière mise à jour de cette page le 01/02/2009

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